CC Flickr mammal
 Paywall, abonnements, publicité, parfois des mélanges de tout cela. La presse continue d’avoir du mal à s’adapter à Internet. « Au lieu de réfléchir à l’innovation, on s’est tourné vers la numérisation. On a transféré le print vers le web », estime Jean-Baptiste Soufron, secrétaire général du Conseil national du numérique. « C’est en train de changer aujourd’hui. L’arrivée des pure-players à partir de 2007 en est une raison », poursuit-il. Cette conférence intitulée « Qui doit payer l’information ? » n’a pas donné de réponse claire et définitive. 
 
Mais des pistes ont été abordées. « Quand un média se lance, il doit prendre un parti fort et le tenir », pense Philippe Colombet, le directeur des partenariats stratégiques Google Livres, Magazines et Actualités. « Peu importe le modèle économique, Il faut aller au bout, l’assumer et s’y tenir, tout en faisant preuve de flexibilité pour répondre aux attentes et innover. Ca signifie parfois de revenir en arrière, mais il faut toujours assumer sa position initiale. »
 
La qualité plutôt que la quantité

C’est le cas des Echos. « Le Monde ou Le Figaro accumulent près de 10 millions de visiteurs uniques par mois, selon les audiences recueillies par Nielsen/Médiamétrie(*). Nous, nous sommes aux alentours de 3,8 millions », résume Frédéric Filloux. Mais pour le directeur général en charge des activités numériques du groupe Les Echos, ce qui compte vraiment, c’est préserver la valeur de ces visiteurs. « Quand ces deux médias ont un CPM (coût pour mille) de 4 ou 6 euros, aux Echos, nous sommes à plus de 10. Notre intérêt c’est de conserver cette valeur. » Et pour faire cela, le journal économique doit garder son audience, ce qui signifie garder la même ligne éditoriale. 
 
Mais pour évoluer, il faut innover. « C’est important de stariser les journalistes », pense Jean-Baptiste Soufron. « On leur demande de tweeter davantage, d’avoir une forte présence sur les réseaux sociaux. Au moins sur Twitter », poursuit Frédéric Filloux. Cette évolution est d’autant plus importante que les réseaux sociaux prennent une place croissante comme point d’entrée vers un site d’information. Aux Etats-Unis, 75% de l’audience de BuzzFeed (80 millions de visiteurs uniques par mois) provient de ces plates-formes. 
 
Un problème de concurrence à terme des réseaux sociaux pour Google et son service « News »? Pas selon Philippe Colombet, qui botte en touche : « Nous avons Google +. »
  

(*)Le Figaro culmine en effet à 10 millions de vues en ajoutant au site principal : blog.lefigaro.fr/sport24 ; rugby24.com ; sport24.com ; sport24.fr ; sport24.lefigaro.fr ; marine.meteoconsult.fr ; evene.fr ; leparticulier.fr ; boutique.jardiner-malin.fr ; www.jardiner-malin.fr ; communes.com

Le Monde compte 8,6 millions de visiteurs uniques en comptant en plus du site principal : huffingtonpost.fr ; aujardin.info ; aujardin.org ; courrierinternational.com

Source

  

Photo : CC - Flickr mammal