André ZylberbergLors des débats, l’apprentissage semblait être la seule mesure en France qui vous satisfasse... L’apprentissage fonctionne bien mais nous avons encore de la marge. Nous pourrions nous inspirer de l’Allemagne. La durée de la formation là-bas dure trois ans contre un an et demi ici. D’une part, la durée pourrait être allongée. D’autre part, il faudrait donner les moyens à l’alternance de monter en puissance. En ouvrant cette voie à plus d’entreprises et en y mettant plus de moyens financiers par exemple.

La discussion a beaucoup tourné autour du retour à la formation des décrocheurs. Ne peut-on pas aborder le problème en amont, avant qu’un décrocheur n’abandonne les études ?

Les Pays-Bas ont rendu l’enseignement secondaire obligatoire pour éviter le décrochage. Je pense que ça peut être une solution en France. J’y crois. On constate que les pays qui ont les plus hauts niveaux d’éducation sont ceux qui se portent le mieux en termes de croissance, d’innovation et de moindre chômage. Il faut vraiment insister sur l’éducation.

Dans plusieurs pays européens, un Smic jeunes a été instauré. Est-ce que cette mesure porte ses fruits pour relancer les embauches ?

Les pays qui ont fixé des salaires minimum ont mis en place des salaires minimum différenciés selon les régions, les métiers mais aussi selon l’âge. Ils fonctionnent par paliers successifs. En France, il est certain que le Smic universel coûte des emplois. Des employeurs n’embauchent pas, ne serait-ce qu’un étudiant qui ne travaillerait que le week-end, car il engendrerait des charges patronales élevées. Il me paraît important de baisser le coût du travail, soit en créant un Smic différencié pour les jeunes, soit en baissant les charges sociales.

En savoir plus : lire l'article « Les jeunes et l'emploi : le cas des décrocheurs ».