reforme.jpgPlus ils sont âgés, plus les Français s'intéressent à l'économie.

C'est un des enseignements du sondage TNS Sofres commandé par la Banque de France et révélé ce matin, lors de l'ouverture des Journées de l'économie (jusqu'à samedi à Lyon).

Et, en effet, de nombreux "seniors" étaient présents au théâtre des Célestins pour le débat "Réformes économiques: quelles priorités ?", modérée par la journaliste de France Inter, Alexandra Bensaïd ! 


Réformer, c'est comme aller chez le dentiste

"Faire des réformes, c'est un peu comme se rendre chez le dentiste : ce n'est pas toujours très agréable mais pourtant nécessaire", affirme d'emblée Jean Pisani-Ferry, le Commissaire général à la stratégie et à la prospective. Alors qu'est-ce qu'on traite en priorité, docteur ? Difficile de trancher car pour soigner l'économie française, plusieurs pistes sont envisagées. Leur hiérarchie varie fortement car chacun est pétri de conceptions politiques et économiques différentes, de valeurs philosophiques propres.

Pour Jean-Claude Mailly, "Nous sommes dans une situation d'urgence sociale. Il faut donc procéder à un réforme fiscale en prenant en compte la question européenne." Que propose concrètement le secrétaire général du syndicat Force Ouvrière ? Il martèle: "Par exemple, il faut redéfinir le cadre des impôts afin qu'ils soient équitablement perçus et répartis." Et d'ajouter: "FO souhaite retoucher le traité budgétaire européen et réfléchit à un plan de relance."

A l'évocation du terme de "relance", Patrick Artus, banquier et directeur de la recherche et des études Natixis, fait la moue. "Oui à un plan de relance, mais uniquement si celui-ci sert à redresser la productivité", affirme-t-il, "Rendez-vous compte, notre productivité industrielle est plus baisse qu'il y a 20 ans". D'après lui, les travailleurs français coûteraient trop cher. "Le coût du travail est entre 15% et 20% trop élevé", assure-t-il.

Et les jeunes, alors ? Ces derniers ont été passés à la trappe. Pourtant, certains étaient présents parmi l'auditoire et auraient surement aimé savoir si oui ou non ils étaient un levier indispensable à la reprise de la croissance française. Face à cet oubli, une personne du public a soulevé la question dans un SMS. François Bourguignon, directeur de l’École d'économie de Paris, se raccroche alors à la branche des "formations professionnelles", un champ nécessaire à labourer. Une chose est sûre : au terme de cette conférence, bien malin celui qui saura dire vers quels axes de réflexion il faut se tourner en priorité pour réformer structurellement le pays. La tâche repose sur Jean Pisani-Ferry, qui doit rendre au gouvernement un rapport fin 2013 sur le sujet. On lui souhaite bon courage !

Cette émission sera diffusée samedi 16 novembre de 9h10 à 10h. Pour plus d'informations, c'est ici.