Pour faire des économies, les Français ne manquent pas d’idées. A en croire un sondage de l’Ifop et du JDD publié dimanche dernier, 20 % d’entre eux seraient prêts à sacrifier l’écologie, mais aussi la défense et, en partie, les allocations chômage. La transition énergétique et son financement étaient justement l’objet d’une conférence cet après-midi aux Journées de l’économie. L’occasion d’aborder une question mondiale et pourtant peu considérée.

Pourtant, aux yeux du directeur de recherche au CNRS Gaël Giraud, ce changement de paradigme énergétique pourrait être une solution durable pour l’économie française. « Pour sortir de la déflation dans laquelle nous nous trouvons, la transition énergétique est une vraie solution. Il s’agit d’une bifurcation structurelle au niveau européen, qui permettrait de contribuer à une société plus propre pour nos enfants ».

« Absolument énorme ! »

Des idéaux et des réflexions à très long terme, certes. Néanmoins, les intervenants tiennent à souligner les effets concrets du passage aux énergies renouvelables. Gaël Giraud le premier : « Cela permettra de créer de l’emploi, mais aussi d’augmenter le pouvoir d’achat des ménages en réduisant leurs factures… ». De l’autre côté de la table, Stéphanie Paix, présidente du directoire de la Caisse d’Epargne Rhône Alpes, acquiesce : « A plus court terme, la transition énergétique demeure un enjeu essentiel. Actuellement les importations d’énergie venues de l’étranger représentent 90% du déficit commercial en France. C’est énorme, absolument énorme ! »

Néanmoins, pour cela, un lourd financement demeure nécessaire. « Il nous faut des solutions de financement originales », préconise Gaël Giraud, qui propose par exemple la création d’un organisme indépendant, géré par l’Etat et les entreprises intéressées. « Cela permettrait d’émettre de la dette avec une garantie publique, ce qui intéresserait sans aucun doute les banques », explique-t-il. Il insiste : « L’essentiel, c’est de commencer cette transition. On doit s’y mettre ! »