Photo conférence ouverture Jeco 2013

Comme un signe. Quelques heures avant l’ouverture des Jéco, l’INSEE avait annoncé un recul du PIB de la France au troisième trimestre 2013 de 0,1%. Une nouvelle qui, s’il en était besoin, risquait de modérer l’optimisme des participants de cette édition (du 14 au 16 novembre).

Mario Monti, ancien Président du conseil italien (2011-2013) et sénateur à vie, est arrivé légèrement en retard. L’occasion pour la salle d’agrémenter son entrée en scène d’applaudissements spontanés. Pascal Le Merrer, directeur général des Jéco, a d’ailleurs précisé que c’était le rôle même du Grand témoin de ces journées de l’économie : « Arriver quand il le voulait ».

De nombreux lycéens prenaient consciencieusement en note les résultats du sondage sur les Français et l’économie réalisée par la Banque de France. Une lycéenne, au bout d’une heure, confiait à sa voisine avoir eu un pressentiment: « Je le sentais que ces conférences allaient durer des heures ». Mario Monti lui osait un bon mot pour commenter les résultats du même sondage : « L’intérêt des Français pour l’économie, c’est comme le bon vin : il s’améliore avec l’âge ».

Un appel unanime pour des réformes structurelles

L’ancien Président du conseil italien s’est montré beaucoup plus sévère lorsqu’il a été amené à se prononcer sur l’état et l’avenir de l’économie française. L'agence Standard & Poor's avait annoncé vendredi dernier la dégradation de la note de la France, passant de AA+ à AA. 

Même s’il pense que « l’euro ne risque pas d’exploser », Mario Monti a appelé la France à agir alors qu’elle « profite encore de taux d’emprunt bas sur les marchés financiers. Mais la situation de la France est potentiellement dangereuse. Sa principale chance est que le monde de la finance pense que l’Allemagne ne la laissera jamais tomber ». Un avis légitime lorsqu’il est dispensé par un ancien consultant de Goldman Sachs. Cet appel pour de réelles réformes structurelles de l’économie française a été partagé par Gérard Collomb, sénateur-maire socialiste de Lyon et Patrick Artus, économiste directeur de la recherche et des études de Natixis. Plus négatif, ce dernier pense même que « « la probabilité de disparition de l’euro n’est pas nulle ». C’est un euphémisme de dire que l’optimisme n’est pas encore à l’ordre du jour.