Chemise

« Les produits ne sont plus made in France, mais made in the World » explique Martine Durand, directrice des statistiques de l’OCDE. L’exemple de Philippe Blandin est à ce propos frappant. Le secrétaire général de Mecachrome, détaille le processus de production des pièces moteurs qu’il conçoit pour des modèles de Porsche Cayenne et Panamera : « la matière première est importée d’Allemagne, transformée en France, puis réexportée vers l’Allemagne ». L’homme n’est pas dogmatique mais explique que pour son entreprise : « l’internationalisation, c’est une obligation ».

Farid Toubal, conseiller scientifique au CEPII (Centre français d'étude et de recherche en économie internationale), ajoute qu’aujourd’hui c’est presque impossible de trouver des produits ou services provenant d’un seul pays : « c’est beaucoup plus compliqué que dans les années 1980. A l’époque la France importait des voitures allemandes et exportait son vin ». La directrice statistique de l’OCDE précise, elle, que le made in France : « ne peut désormais exister que dans certains secteurs limités. Par exemple : vous ne pouvez délocaliser votre coiffeur! ».

L’impossible protectionnisme

Que se passerait-il si pour favoriser des produits ou services nationaux, le protectionnisme revenait à l’ordre du jour ? Farid Toubal n’y croit pas. Il précise que le protectionnisme est à double tranchant car il entraînerait à coup sûr une réaction analogue du pays visé par des protections douanières. Martine Durand abonde dans son sens : « ce serait se tirer une balle dans le pied. Il faut plutôt essayer de s’intégrer dans la chaîne de production de valeurs ». Dès lors pas de solution miracle. Mais elle voit tout de même une bonne chose dans ce débat : « il a au moins le mérite de repenser la politique industrielle en France ». Une petite pique à l'égard du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg qui participait, le week-end dernier à Paris, au Salon du made in France...