« Parler de transition énergétique n’est pas sexy », ironise d’emblée Marie-Caroline Lopez, la modératrice du débat et journaliste à La Tribune. Changement climatique, fin du pétrole, catastrophe nucléaire…Le modèle actuel touche à sa fin. Comment financer les investissements nécessaires ? Ce samedi, quatre intervenants ont tenté de répondre à cette question.

Un premier diagnostic a d’abord été établi par Gaël Giraud, chargé de recherche au CNRS. « La transition énergétique demande plusieurs milliards d’euros d’investissements par an dans les domaines de la rénovation thermique, de l’éco-mobilité et pour une industrie plus verte, analyse-t-il. Or, avec la crise, les finances publiques sont exsangues ».

Du côté du secteur privé, même constat. « Investir dans la transition énergétique n’est pas assez rentable à court terme pour les entreprises, ajoute l’économiste Alain Grandjean. Les grands groupes attendent un rendement d’au moins 12% par an, ce qui ne correspond pas aux investissements verts ».

BCE ou BPI ?

Les intervenants ont tous proposé des solutions différentes. Pour Gaël Giraud, nous n’avons pas d’autre choix que de faire fonctionner la planche à billets. « La banque centrale européenne peut créer de la monnaie sans inflation, si elle produit des innovations économiques. Or la transition écologique en impliquera forcément », détaille-t-il.

Alain Grandjean, économiste et expert de Comité de Veille Ecologique de la Fondation pour la Nature et l’Homme, mise quant à lui sur une banque publique de la transition écologique. « François Hollande avait promis que la Banque Publique d’Investissement jouerait ce rôle. Mais aujourd’hui, le projet de la BPI n’a rien à voir avec ce qui avait été annoncé », se désespère-t-il.

Obligations vertes ou taxe carbone ?

Pierre Ducret, PDG de la Caisse des Dépôts Climat, parie sur les obligations vertes : des obligations qui pourraient être émises par des entreprises pour financer des projets environnementaux. « Les éco-entreprises représentent 70 milliards d’euros par an et environ un million d’emplois en France », s’enthousiasme-t-il.

Enfin, Patrick Criqui, directeur de recherche au CNRS, a relancé le débat pour une taxe carbone en France. Un marché du carbone existe déjà au niveau européen. « Il faut un prix élevé du carbone pour réduire véritablement les émissions de gaz à effets de serre », conclut-il. Reste désormais à convaincre les grands investisseurs et les décideurs politiques.