« Aujourd’hui, la génération Y ne donne pas. » Co-fondateur de la plate-forme de dons Mailforgood (http://www.mailforgood.com/|fr|Mailforgood), Ismaël le Mouel déplore la complexité de séduire cet ensemble de gens âgés de trente ans et moins. Alors, radins les jeunes ? « En réalité, ils ne savent pas à qui donner, coupe-t-il. On compte 160.000 associations caritatives en France, et pas encore de site Internet qui les recense. »

Pour aguicher ces internautes, les associations doivent valoriser certains critères. « Les plus jeunes exigent une transparence maximale et une quasi-instantanéité, poursuit Ismaël le Mouel. Ils ont besoin de constater un impact rapide et efficace de leur don. » Plutôt que les dons classiques, de nouvelles formes de contributions se mettent en place : le microcrédit et le crowdfunding.

"Contre-don" en nature

Dans le premier cas, les internautes prêtent une somme, qui leur sera rendue ensuite, dans un objectif précis, comme acheter un vélo. Dans le second, ce sont des projets qui sont financés. « Un fromager avait besoin d’une machine pour fabriquer des yaourts, au prix de 10.000€, raconte le manager de Mailforgood. Sa banque a refusé, alors il a lancé un appel aux dons sur Internet. » Si les bienfaiteurs n’obtiennent pas de retour monétisé, un "contre-don" est souvent proposé. « Pour 30 € reçus, le fromager faisait trente yaourts au nom du donateur », sourit celui qui est passé par HEC. Une mode qui se limite néanmoins aux projets de petite taille et commerciaux (donc non associatifs).

Facebook pour décupler les dons ?

Ce marché, aux coûts de collecte moindre par rapport au papier, offre de grandes perspectives de progression : le leader américain de crowdfunding a vu sa collecte tripler entre 2010 et 2011. « Le modèle actuel fonctionne toujours mais s’essouffle », présage Ismaël le Mouel. Avec l’invitation aux dons sur Facebook et les sollicitations émanant des « amis » sur les réseaux sociaux, le modèle dispose de sérieux arguments.

Chers internautes, à vot' bon coeur !