On associe habituellement l'économie au champ de la finance, des banques, du business ou de l'industrie. Depuis la fin du XXe siècle, une nouvelle discipline a vu le jour: l'économie comportementale. Deux spécialistes du genre, Marie-Claire Villeval, directrice du Gate, et Guido Friebel, professeur du département "Economie et business" à l'université Goethe de Francfort, ont exposé les résultats de leurs études sur les policiers et apporté un éclairage sur cette discipline.

Des jeux pour étudier les comportements

Marie-Claire Villeval, directrice du Gate, a étudié le comportement des policiers de l’Ecole Normale Supérieure de Police de Lyon. Préfèrent-ils sanctionner ou récompenser? Pour le savoir, ils ont été soumis à deux jeux de coopération avec d'autres participants. Objectif: observer leurs préférences de choix face au reste du groupe.

Guido Friebel, de l’université de Francfort, a quant à lui observé les réactions d'étudiants face à des candidats policiers de deux Länder allemands (Hesse et Rhénanie-Palatinat). Toujours grâce à un jeu, il a pu conclure que la population a majoritairement confiance dans la police en Allemagne. Une troisième approche consacrée à la criminalité a été présentée par Roberto Galbiati, chercheur au CNRS.

L'économie au service de la société

Face aux questions du public, Marie-Claire Villeval a rappelé l'ambition initiale de ces études. "Il s'agit de définir quelles sont les bonnes règles pour faire fonctionner une société", explique-t-elle. Initiée à la fin du XXe siècle, l'économie comportementale s'attache à étudier le comportement des êtres humains dans les situations économiques et les normes qui les régissent.

Elle s'appuie sur des expérimentations en laboratoire et le recueil de données réelles, s'approchant parfois de la psychologie ou de la sociologie. En 2002, les travaux pionniers de Daniel Kahneman ont reçu le prix Nobel, apportant ainsi un peu plus d'appui à une science encore récente.