Jean-Marc Borello est un patron heureux. Il dirige le groupe SOS : 10 000 salariés en France et une croissance de 25% par an. SOS gère des hôpitaux privés, des crèches ou des logements pour SDF. Particularité de l’entreprise : elle a le statut d’association à but non lucratif et applique à son organisation les principes de l’économie sociale et solidaire (ESS). Il n’y a aucun actionnaire et l’écart de salaires est limité de 1 à 10.

Un moyen de lutte contre le chômage

« Etre un entrepreneur social et solidaire, c’est prendre l’intérêt général en compte au même titre que l’intérêt économique », résume Jean-Marc Borello, éducateur de formation. Aussi enthousiastes que lui, les intervenants voient en l’ESS un moyen de lutter contre le chômage. « Avec 3 millions de chômeurs - 6 millions si on englobe toutes les catégories - le modèle économique actuel ne peut pas résoudre le problème du chômage. Ré-inventer l’ESS, c’est la considérer comme une politique d’emploi comme les autres. Et elle peut aussi être une stratégie du développement à l’international », plaide Razzy Hammadi, député PS, proche du ministre délégué à l’Economie sociale et solidaire Benoît Hamon.

« Il faut une ambition forte »

Réunis à l’Hôtel de Région Rhône-Alpes, les intervenants ont essayé de trouver des idées pour rendre l’ESS plus forte. Première piste : la formation. Des écoles prestigieuses comme Sciences Po, HEC ou l’ESSEC développent depuis quelques années des masters spécifiquement tournés vers l’ESS. « Il faut multiplier ces formations, notamment dans les universités et les lycées, explique Jean-Marc Borello. Je fais confiance à Benoît Hamon pour ça. »

Cyril Kretzschmar, conseiller délégué à l’économie sociale et solidaire à la Région Rhône-Alpes, estime que les Français devraient diriger leur épargne vers les entreprises du secteur. « Il faut une politique de levée de fond. Il faut bâtir une ambition forte », renchérit Goéry Delacôte, président du musée Exploradôme de Vitry-sur-Seine.

Un projet de loi relatif à l’ESS piloté par Benoît Hamon est en cours de préparation. Censée définir le périmètre de l’ESS et renforcer son cadre juridique, la loi-cadre sera présentée au premier semestre 2013. Le ministre délégué à l’Economie sociale et solidaire espère la création de dizaines de milliers d’emplois grâce à ce secteur dès l’année prochaine.