"En Italie, il faut l'accord de 14 personnes différentes pour valider la construction d'une autoroute. Conséquence, on ne construit plus d'autoroutes." Fabio Padovano peint un tableau consternant de la bureaucratie de son pays. L'économiste italien regrette que les compétences des responsables politiques ne soient pas mieux réparties. "La possibilité de contrôle absolu se transforme en une sorte de veto imposé les uns sur les autres." Pour lui, l'Italie doit suivre l'exemple de la France en la matière. Notamment sur le sujet des intercommunalités, très répandues en France. "Le phénomène des intercommunalités montre qu'il est très important d'avoir un niveau de gouvernement intermédiaire", assure Fabio Padovano.

Concernant les municipalités, le professeur italien souligne la différence de nombre pour une population similaire : 36.000 communes en France et 8.000 en Italie. "Mais s'il peut y avoir parfois un problème de taille en France (certaines communes ont moins de 200 habitants, Ndlr), l'exemple est intéressant car il existe un contrôle plus fin des élus par les électeurs. En Italie, on ne peut pas bien vérifier la performance des municipalités. C'est assez opaque."

En 2014 en Italie, le nombre de provinces - l'équivalent des départements français - sera largement réduit de 110 à 46. "La question des provinces a toujours été difficile en Italie car ce qu'elles font n'est pas très clair. Surtout, leur nombre augmentait sans qu'il n'y ait ni nécessité ni demande des électeurs." Fabio Padovano parle de "gaspillage" en soulevant que ces provinces serviraient surtout aux politiciens italiens à tous se placer quelque part. Cela devrait cesser.

A l'inverse, avec la récente annulation de la réforme territoriale, la France, elle, ne parvient toujours pas à réduire les multiples strates de son organisation administrative...