La croissance est bonne, voire nécessaire, tous les intervenants de la conférence s'accordent là-dessus. Jacques Mottard, le président-directeur général de l'entreprise de services informatiques Sword, entame le débat de manière claire, affirmant qu'une société « qui ne croît pas pendant 20 ans va à sa perte ». Elle a besoin de personnel frais, des jeunes qui apportent des idées nouvelles, des idées qui lui permettent de s'adapter au marché.

Lousia Toubal, chargée d'études au sein du think-tank La fabrique de l'industrie, poursuit. « La croissance concerne toutes les entreprises, surtout les entreprises industrielles car elles sont exposées à une concurrence forte », soutient-elle. Après un quart d'heure de débat, cependant, elle nuance ses propos, en admettant qu'on ne peut pas « croître indéfiniment ». Il faut garder un objectif en vue. « Croître à 20 ans, c'est possible », soutient Jacques Mottard, visiblement amateur de cette échéance.

Sélection naturelle

Le représentant des entreprises de taille intermédiaire continue sur la même voie. Selon Alexandre Montay, croissance et vie sont liées. Sinon, c'est la mort par rachat ou devant le tribunal de commerce. Cet aspect darwinien se double d'une notion psychologique, l'objectif de conquête. « Quel chef d'entreprise peut motiver son équipe en lui demandant de parvenir à un but déjà atteint ? », lance-t-il à la salle.

Facétieux et philosophe, l'économiste Olivier Pastré pinaille sur le titre de la conférence. « Pour être condamné, dit-il, il faut avoir commis un crime. » Il exagère, il s'agit d'une décision de justice n'impliquant aucun acte répréhensible. Néanmoins, tout le monde a compris le message : croître n'est pas obligatoire.

« Faux », répond Xavier Benoît. Le vice-président du groupe industriel Adetel déplore qu'en France, les petites entreprises soient contraintes à acquérir une masse critique pour peser dans les négociations avec les grands groupes. Se renforcer, au-delà de son bien être, pour ne pas se faire cracher dessus. Darwin sous stéroïdes.

Quelqu'un a-t-il pensé à ces bactéries capables de ralentir leur développement et leur reproduction afin de survivre dans des environnements particulièrement hostiles ? Peut-on appeler cela de la croissance durable ?