9 heures, l'entrée de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Lyon est encombrée. 300 personnes font la queue pour récupérer leur badge d'accès aux conférences des trois prochains jours. Les jeunes en veste de ski précèdent les quinquas en costume, beaucoup portent une écharpe autour du cou. « C'est un peu le rush, là, souffle une membre du staff. Combien sont inscrits ? Au moins 2.000 personnes. Comme d'habitude, on a distribué trop de places », sourit-elle. Dans la queue, un homme parle, lui, de 7.000 personnes. Sur le trajet de la CCI à la Bourse du travail, où se déroule la conférence d'ouverture, les sacs qui arborent le gecko des Jéco pullulent. En ouverture, Pascal Le Merrer s'excuse pour l'attente mais se félicite du succès confirmé de cette 5e édition des Journées de l'Economie.

« Faire autrement » : une autre économie est-elle possible ?

Premier intervenant de la matinée, Patrick Haas, représentant la Banque de France, résume les résultats d'un sondage TNS-Sofres commandé, à l'occasion des Jéco sur la relation des Français à l'économie. On y découvre des citoyens lucides, critiques et inquiets face à ces sujets longtemps réputés abscons et peu concernants. Lucides, car 32 % des sondés affirment disposer de faibles connaissances en économie. Critiques, car 60 % considèrent l'information économique pas compréhensible. Inquiets, enfin, quant à la situation des finances publiques et à leur propre situation : 38 % des Français disent, en effet, éprouver des difficultés à régler leurs factures, alors que 82 % affirment se faire des soucis pour les finances de l'Etat.

Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, se dit « impressionné » par la lucidité des citoyens et leur analyse pertinente des difficultés financières. Militant, le président du Grand Lyon rappelle que la consommation ralentissait depuis une décennie, preuve selon lui du « tassement du pouvoir d'achat » ressenti et observé par les Français. Stéphanie Paix, présidente du directoire de la Caisse d'Epargne Rhône-Alpes, insiste, elle, sur une des « vertus » de la crise actuelle : la prise de conscience et la vulgarisation des mécanismes macro-économiques. Rejoignant les recommandations du rapport Gallois, rendu public en début de semaine, Philippe Grillot plaide pour une plus grande coopération entre les entreprises et l'enseignement. Le président de la CCI rappelle aussi la nécessité d'innovation sociale au sein des entreprises, au-delà de l'innovation technique et scientifique.

Arrivée en cours de séance, Anne Lauvergeon a eu le mot de la fin. Complétant Philippe Grillot, elle a insisté sur la place et la représentation des salariés dans la gestion de l'entreprise. Juste avant de céder la parole à Pierre Moscovici pour la conférence suivante, l'ancienne patronne d'Areva a glissé avec un sourire que personne, jusqu'ici, n'avait prononcé le mot « industrie ».