Produire autrement pour vivre mieux. Pour Michèle Debonneuil, cela passe par l'"économie quaternaire", un concept qu'elle a elle-même développé. Selon l'inspectrice générale des finances, on assiste à l'émergence de "nouveaux besoins, nouveaux produits et nouveaux modes de vie". Elle n'entend plus distinguer les biens des services. Autrement dit, les secteurs secondaire et tertiaire ne feraient plus qu'un. Michèle Debonneuil refuse le simple mot de "service". "Je veux parler de solutions. Il s'agit d'une mise à disposition des biens par les personnes".

L'économie quaternaire, ce sont en quelque sorte les contours de la vie du futur. Michèle Debonneuil explique que les entreprises privées finiront par mettre en commun leurs compétences, répondant ainsi aux nouvelles attentes des usagers. On devrait donc pouvoir tout faire avec une seule tablette numérique, la même que celle qui nous permet de téléphoner et de prendre des photos : ouvrir ses volets, sa porte d'entrée, allumer le chauffage...même à distance !

Christian du Tertre, professeur d'économie à l'université Paris-Diderot, adhère à cette théorie. Produire moins et offrir plus de services sont pour lui les clés d'une croissance réussie.

L'économie quaternaire, synonyme de plein emploi ? Sans préciser de cas véritablement concret, Michèle Debonneuil le pense, en imaginant un mode de vie où chacun d'entre nous sollicitera des personnes extérieures pour des services à domicile. "Si chaque Français utilise une heure d'une personne chaque semaine, cela fait au total 2 millions de personnes à temps plein" conclut-elle.