Le Fonds monétaire international est-il en adéquation avec l'économie mondiale ?

Le FMI résulte d’un accord international, il obéit aux règles fixées à sa création, composées d’articles très précis. Son fonctionnement actuel n’est pas satisfaisant. La représentation des pays dans le conseil d'administration n’a toujours pas évolué avec la transformation de l’économie mondiale. La représentation de l’Europe est trop dispersée et le poids des pays émergents est encore trop faible. La situation évolue dans la bonne direction mais trop lentement. Les accords de Bretton Woods ont instauré la tradition d’un directeur général européen. On a bien vu avec le choix de Mme Lagarde qu’il n’est pas évident de mettre à la tête du FMI un représentant des pays émergents.

Qu’en est-il de la gouvernance du FMI ?

Il faut que le mandat du FMI lui permette d’être plus directif à l’égard des Etats membres. Pour le moment, aux termes de son mandat, il se borne à surveiller l’application des règles par chaque Etat. Il faudrait que le FMI ait un regard plus global, une parole plus forte pour éventuellement critiquer les pays membres. Il est nécessaire de changer la gouvernance du fonds, composé de hauts fonctionnaires qui n’ont pas de poids politique, et les remplacer par un conseil composé de ministres ayant une capacité politique. Cela donnerait une plus grande indépendance au directeur général qui disposerait d'une vraie autorité pour se faire entendre.

Quand pourrait s’opérer ce changement de statut ?

Le climat actuel n'est pas propice à l'organisation d'une grande conférence sur ce thème. Les Chinois veulent conserver leur indépendance, notamment sur la maîtrise de leur balance des paiements et de leur taux de change. Il est nécessaire de créer un dialogue, des négociations. Il y a du progrès. Aujourd’hui, on peut parler de déficit, d’excédent et de flexibilité. Les réunions du G20 ont permis quelques avancées. Mais on part de très loin.