Une nouvelle économie, et donc de nouveaux marchés qui n’attendent que de bonnes infrastructures : fibre optique notamment. « La technologie, nous l’avons, ce sont les infrastructures qui nous manquent, et seul l’Etat est à même d’intervenir », explique Vincent Rialle, vice-président du Centre national de référence santé à domicile et autonomie (voir notre interview).

Vincent Rialle regrette qu’actuellement, les infrastructures réseaux représentent « un labyrinthe, une tour de Babel technologique », où il est impossible de se repérer. Il voit dans l’économie numérique un formidable moyen de lutter contre « l’hospitalo-centralisme, qui est une catastrophe », car cela coûte très cher. Concernant les personnes âgées, « le maintien à domicile, c’est l’avenir » affirme-t-il.

Mais pour cela, de très nombreux acteurs doivent se mobiliser : EDF, opérateurs téléphoniques, fournisseurs d’accès à Internet, entre autres. Et il est nécessaire de les faire dialoguer. C’est le but de Jean-Pierre Lacotte, président du réseau Agora, qui souhaite « créer une boîte unique communiquant avec la box ADSL du foyer, qui centraliserait les différents services de la maison ». C’est ce que l’on appelle, depuis de nombreuses années, la domotique : gestion de l’énergie, de l’éclairage, de la sécurité, commandes à distance, etc.

Vers une nouvelle croissance

La « maison du futur », en quelque sorte, devrait engendrer la création de nouveaux produits, et donc de nouveaux marchés. Michèle Debonneuil, inspecteur général des finances, imagine un futur où tous les biens seront équipés de capteurs (c’est ce que l’on appelle l’Internet des objets), voire même les individus. « Avec une carte à puce NFC (Near Field Communication) insérée dans le cartable d’un enfant, les parents seront avertis sur leur téléphone mobile du moment où ce dernier prend le bus », par exemple.

Jean-Pierre Lacotte, président du réseau Agora, estime que c’est à l’horizon 2020 que l’économie numérique pourra prendre toute son ampleur, du fait du déploiement des infrastructures nécessaires. Une date en adéquation avec celle prévue par Karine Dognin-Sauze, vice-présidente du Grand Lyon, concernant le basculement du réseau ADSL en fibre optique sur l’ensemble de ce territoire. « C’est un gisement de croissance, déclare-t-elle, celle de la satisfaction des besoins. »


Photo © Eimantas Buzas - Fotolia.com