Les étudiants en économie à l'université peinent souvent à faire valoir leurs compétences sur le marché du travail. Ces jeunes diplômés doivent faire face à la concurrence des élèves sortant des grandes écoles, et bien souvent, les entreprises méconnaissent leurs compétences. "Il ne faut pas partir du principe qu'on connaît ce que vous avez appris. C'est à vous de valoriser les compétences acquises au cours de votre formation", explique aux étudiants de Lyon 2 Irène Gazel, directrice des ressources humaines du Grand Lyon.



Les docteurs, parents pauvres de l'université

Ce manque de reconnaissance des savoirs s'avère criant chez les docteurs en économie. Selon une étude de Mohamed Harfi, chargé de mission au département travail-emploi du Centre d'analyse stratégique, près de 10% des docteurs en économie, droit et management sont au chômage et la moitié d'entre eux travaille dans le secteur privé, souvent dans un poste hors recherche. François Bourguignon, directeur de l'Ecole d'économie de Paris remarque néanmoins que, '"en France, on constate une évolution très forte en faveur d'une plus grande valorisation du doctorat".



Une bourse à l'emploi pour les étudiants en master



Il y a un an, l'AFSE (Association française de science économique) a lancé sur son site Internet une bourse à l'emploi pour les docteurs en économie. Intitulée Job Market, elle permet aux diplômés de déposer leurs CV et aux inspections académiques ou aux entreprises de repérer des candidats. L'initiative sera élargie aux étudiants en master d'économie, selon Hubert Kempf, professeur d'économie à l'ENS Cachan. "Dans les universités, l'insertion professionnelle s'inscrit dans le positionnement stratégique, commente Patrick Hetzel, directeur général de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. L'université de Saint-Etienne est devenue la première faculté de l'Hexagone en termes de placement des étudiants de licence, grâce à une approche ciblée sur les compétences des étudiants. Elle connaît depuis des taux de croissance à deux chiffres."



Pour Hubert Kempf, il manque un outil aux étudiants en économie pour concurrencer les élèves des grandes écoles: le réseau. Il encourage les étudiants à former des associations des anciens au sein de chaque établissement. Grâce à ces petites structures, les jeunes économistes pourraient mieux se faire connaître auprès de futurs employeurs.