Comment expliquez-vous l’échec du sommet de Copenhague ?

Je ne suis pas d’accord pour parler d’échec de Copenhague, simplement, les négociations n’ont pas été à la hauteur des espoirs. Il n’y a effectivement pas eu de traité juridiquement contraignant, ni de résolutions précises et ambitieuses comme on l’aurait souhaité. La difficulté principale réside dans le fait que les pays industrialisés et les pays en développement ont des approches divergentes. Au moment des accords de Kyoto, seuls les pays développés avaient des objectifs contraignants. Plus de dix ans après, les pays émergents considèrent toujours qu’ils ont un droit au développement et continuent à se limiter à de simples engagements. Seulement, ils ont un poids de plus en plus important. Pour donner un exemple, en 2020, les émissions de CO2 de la Chine dépasseront de 60 % celles des Etats-Unis.

Quelles sont les attentes pour le prochain sommet mondial sur l’environnement, qui se déroule à Cancun, au Mexique, du 29 novembre au 10 décembre 2010 ?

A Cancun, on ne va pas non plus répondre aux ambitions élevées qui existaient avant Copenhague. Mais il y a des domaines où les négociations permettront de faire des progrès comme ce qui touche à la déforestation ou au transfert de technologies. Je pense qu'il faut construire ce qui est possible plutôt que de rêver sur ce qui est impossible. Ni la Chine, ni les Etats-Unis sont inactifs en matière d’environnement. Mais on ne peut pas leur plaquer le modèle idéal que nous souhaiterions.

Etes-vous optimiste concernant la mise en place prochaine d’une gouvernance environnementale ?

Je pense qu’il y a un mouvement de prise de conscience générale et que tous les pays vont progresser. Mais cela ne veut pas dire qu’on va relever le défi du changement climatique. Est-ce que la prise de conscience va aller suffisamment vite pour répondre aux objectifs? Ce n’est pas sûr. Pour progresser, il ne faut pas juger les autres, mais les comprendre et les accompagner dans le changement vers un monde plus vert.