Pourquoi avoir écrit un livre sur la microéconomie?

Pour plusieurs raisons. La première est que les ouvrages de microéconomie sont "persistants": ils ont du mal à prendre en compte les théories actuelles et à les placer au centre de l'analyse économique. Les étudiants commencent à s'initier à l'économie avec la théorie des marchés en concurrence pure et parfaite; or la discipline économique est en réalité une discipline qui explique les décisions humaines: comment les gens raisonnent par rapport au futur? Comment réagir par rapport à l'incertain? Quand on présente ces aspects-là aux étudiants, ça les intéresse plus. Ma deuxième intention était de présenter les études empiriques, dont le nombre a explosé ces trente dernières années. Auparavant, on commençait avec les choses abstraites, c'était parfois rébarbatif. Au début, les étudiants ont pu être désarçonnés, mais ils se sont vite pris au jeu. L'idée de cette introduction est de déduire les comportements individuels de l'analyse empirique, puis de passer aux marchés et très rapidement, d'évoquer les marchés imparfaits. Enfin, enseigner de cette façon après Dominique Strauss-Kahn à Science Po, c'était difficile, il fallais pouvoir trouver une façon de différencier mon enseignement.

Que représente ce prix pour vous?

C'est une grande satisfaction. La concurrence était rude, alors c'est très flatteur. Je sais déjà que le livre se vend bien. Un deuxième tirage est prévu en janvier prochain et le manuel a été adopté dans plusieurs universités, comme à Marseille, Genève ou Bordeaux. Ce livre a été fait pour les étudiants et ce sont mes étudiants qui ont été mon moteur pour écrire.

Que pensez-vous des JECO?

L'événement s'est monté en quelques années et connaît un succès retentissant. Il réunit des gens très divers: des universitaires, des lycéens, des étudiants, des professionnels... C'est un forum unique, sans équivalent. Le Cercle des économistes, par exemple, est sur un autre créneau. C'est remarquable d'avoir réussi ça, surtout en province.