Réforme des retraites: suite ou fin? Dans la nuit du 9 au 10 novembre, Nicolas Sarkozy a répondu sans tarder à la question de cette conférence des JECO. Le chef d'état a promulgué la loi et signé la fin des débats, du moins en ce qui concerne la réforme des retraites version 2010. Pour Dominique Libault, directeur de la Sécurité sociale au ministère de la Santé, la France doit désormais "se pencher sur une réforme systémique des retraites, c'est-à-dire envisager tous les systèmes possibles de cotisation (points, capitalisation...). Jusqu'ici, toutes les réformes ont été paramétriques." Également membre du Conseil d'Orientation des Retraites (COR), Dominique Libault répète son attachement au système par répartition et rappelle les trois pivots du modèle français: "Moyens de financement, niveau des pensions et conditions de liquidation de ces pensions. L'objectif est de construire un système durable", poursuit-il.

Emploi

Mais réformer les retraites implique d'aborder la question de l'emploi. Une thématique "absente des débats", souligne Véronique Descacq chargée de la protection sociale et de l'économie au secrétariat national de la CFDT. L'emploi doit être "une priorité", selon elle. Mais pour l'économiste Jean-Olivier Hairault, la réponse à cette problématique de l'emploi c'est justement la réforme. "Chez les seniors, le report de l'âge de départ en retraite est un levier pour l'emploi", analyse t-il. "Le taux d'inactivité des 55-59 ans s'élève de 16 à 17%", constate Jean-Olivier Hairault, pour qui cet "âge social" est trop faible et n'incite pas l'employeur à embaucher un senior car "les perspectives sont courtes. La motivation d'un quinquagénaire au chômage et proche de l'âge de la retraite n'est pas non plus stimulée par cette proximité avec la retraite", estime t-il.

Injustice

Au cours du bras de fer qui les a opposés au gouvernement, les syndicats ont mis en avant "l'injustice sociale" de la réforme. "Le besoin de financement des retraites repose en grande partie sur les salariés les plus vulnérables: les femmes, les travailleurs les moins qualifiés, ceux qui on eu une carrière hachée", rappelle Véronique Descacq, L'autre injustice que dénonce la responsable syndicale est "la faiblesse des recettes fiscales trouvées pour le financement. Le gouvernement a également ponctionné le Fonds de réserve des retraites." La CFDT demande donc une nouvelle réflexion sur une réforme systémique. Un vœu exaucé par les parlementaires puisque ce débat resurgira en 2013 et devrait s'inviter au cœur de la campagne politique des élections présidentielles de 2012.

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La CFDT avance depuis 2003, l'idée d'une réforme systémique des retraites. En attendant 2013, Véronique Descacq et son syndicat préparent cette réflexion, promise par les députés.

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