Avant de se porter vers un territoire, une entreprise observe attentivement son prétendant. Premièrement, il doit s'être déclaré. Vient alors le passage en revue des qualités requises.

Capitaliser sur ses atouts

Les IDE (Investissements Directs à l'Etranger) exigent avant tout "un potentiel de marché en taille et en densité", explique Thierry Madiès, professeur de sciences économiques à l'université de Fribourg, dans le cadre de la table ronde consacrée au millefeuille de la gestion locale. Une main d'oeuvre bon marché ? Que nenni. Au contraire, les entreprises étrangères investissent plus volontiers dans les régions où le coût du travail est élevé car la productivité y est également plus forte. "Dans ces régions attractives, on remarque un effet de concentration. Les Japonais investissent à côté des Japonais", affirme Thierry Madiès. Échange d'informations, partage d'expériences, cette concentration initie un cercle vertueux. "L'implantation d'une nouvelle entreprise provoque une augmentation des exportations pour l'ensemble des entreprises du secteur", ajoute-t-il. Un territoire développe d'autant plus ses atouts qu'il est déjà attractif pour les investissements. Dans la séduction, tout le monde ne part pas du même point.

Une fiscalité peu influente

La pression fiscale sur les entreprises n'est pas dissuasive, selon Thierry Madiès. Cette logique de concentration et les compensations par l'investissement public sont de nature à retenir les entrepreneurs. Alors quand on aime, on ne compte pas ? Pas exactement. "On remarque que c'est l'imposition du revenu des chefs d'entreprises qui constitue un critère décisif", nuance l'économiste.

Savoir communiquer

Faire de sa métropole une marque. Pour David Kimelfeld, vice-président du Grand Lyon, en charge du développement économique, la meilleure manière d'attirer les investissements, c'est d'être visible, d'avoir une communication claire. "Pour que cette stratégie soit efficace, il faut savoir identifier nos concurrents, explique-t-il. Il y a encore quelques années, on pensait à Paris ou Marseille. Aujourd'hui, la concurrence c'est Milan, Barcelone, Bruxelles ou Francfort".

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