Trois exemples d’entreprises innovantes

Le monde de la robotique, ou quand les machines prennent des initiatives, c’est celui de Bruno Bonnell, directeur de Robopolis. Le secteur est en plein développement, et devrait être un « marché à trois chiffres » dans les années à venir. Le chef d’entreprise insiste sur sa formidable vitesse d’expansion dans un monde de plus en plus urbain. Après l’Asie, déjà conquise, l’Europe devrait ouvrir de nouvelles perspectives. Innover, c’est travailler sur des marchés qui n’existent pas, lire l’avenir. Créer un marché, c’est d’ailleurs ce qu’a dû faire Guillaume Queney dans la biotechnologie: « Il y a dix ans, notre technologie était inexistante, il a fallu une prise de conscience de son intérêt pour faire bouger les choses ». Frédéric Chazelle dirige, quant à lui, la société Embédia, spécialisée dans le secteur de la téléphonie mobile. Un domaine où l’outil a beaucoup évolué pour permettre aujourd’hui de recevoir et d’échanger des données. La caractéristique du secteur ? Sa rapidité de développement, qui est en fait une constante dans le domaine de l’innovation.

L’innovation à l’écoute de son environnement

L’innovation a un coût, elle nécessite des moyens techniques et humains. "Grands groupes et petites structures sont alors complémentaires", explique Frédéric Chazelle. Les petites entreprises offrent leur expertise et portent l’innovation en coopération avec d’autres, qui possèdent les moyens financiers. La clé dans le secteur, c’est l’ouverture. Pour réussir, il faut deux choses, selon Guillaume Queney : « convaincre le marché et développer des outils fiables et efficaces ». Tous sont d’accord : l’écoute des besoins est primordiale. Il ne suffit pas de créer, il faut une utilité finale, quitte à la susciter. Observer son marché et communiquer avec ses clients sont des éléments indispensables. Les réseaux sociaux apparaissent alors comme des outils efficaces. Ils ne constituent cependant pas la solution, le travail doit se faire avec l’ensemble des acteurs du marché.

Vers la fin de la propriété industrielle ?

Entre protection et diffusion, comment trouver un juste milieu ? « Le brevet est surtout un moyen de valorisation du travail effectué » pour Frédéric Chazelle, « mais pour la vente, il faut diffuser et communiquer ». Un avis partagé par tous les intervenants, qui militent pour un système plus souple que celui des brevets. « La différenciation se fait sur un ensemble de facteurs et non pas uniquement sur la technologie », assure Guillaume Queney. Selon Bruno Bonnell, le concept de « propriété industrielle est désuet. Dans l’informatique par exemple, l’opensource est le secteur où fleurissent les innovations ». La vitesse de l’économie moderne et des révolutions technologiques bouleverse immanquablement le système. Quant à l‘avenir, il est peut-être dans le social. Alors que cette dimension est de plus en plus prégnante dans les entreprises, elle pourrait constituer le secteur d’innovations de demain.

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