L'information a surpris tous les participants : alors que l'on pointe régulièrement le manque de formation économique tout au long de la scolarité, les résultats du quizz montrent un très faible écart entre la moyenne générale et la moyenne de ceux qui ont fait des études supérieures. Plus grave : le niveau de formation économique influe à la marge sur le niveau de bonnes réponses. Les meilleures notes ont été obtenues par les actifs, "on se forme donc sur le tas" , analyse Isabelle Knock, qui présentait les résultats (voir article suivant).
Un constat qui choque Michel Camdessus, ancien directeur du FMI, "Seulement un point d'écart! J'ai bien envie d'interroger mes amis du Ministère de l'Education Nationale à ce sujet."

L'Education Nationale, responsable?

Pourquoi faire des études économiques si on ne devient pas plus compétent pour évaluer la part des dépenses publiques dans le PIB, ou le niveau du SMIC? "Je suis aussi très surpris par ces résultats, avoue Jean-Marc Huart, inspecteur de l'Education Nationale. Ils peuvent se justifier par la nature des questions de ce quizz. Mieux diffuser l'enseignement économique, c'est l'un des objectifs de la réforme des lycées, avec l'obligation, depuis la rentrée 2010, de suivre un module économique en classe de seconde. ".
Pour David Kimelfeld, vice-président des Affaires économiques du Grand Lyon, "il est nécessaire d'intensifier la formation économique à tous les niveaux, y compris au collège". Il propose par exemple de distiller des notions d'économie en cours d'éducation civique. "Il faut aussi l'étendre à l'Université, car c'est une discipline qui irrigue l'ensemble des sujets, même les plus improbables", constate-t-il.

C'est quoi au juste, l'économie?

Sous le terme même d'économie sont regroupées des notions différentes, ce qui peut aider à relativiser les résultats, sévères, du quizz. "L'économie, ce n'est pas seulement des données à connaître, c'est aussi une capacité de raisonnement que l'on applique dans la vie courante, c'est littéralement la science du domestique, explique Michel Camdessus. "Dans cette optique, les femmes mériteraient une bien meilleure note."
Guy Mathiolon, président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Lyon, constate que les créateurs d'entreprise ont de plus en plus de connaissances sur leur environnement. "L'économie, c'est du bon sens. Il ne faut pas se laisser impressionner par des termes barbares."
L'économie, cauchemar des Français, doit donc redorer son image, d'autant que tous s'y s'intéressent souvent sans même le savoir, dans leur vie quotidienne. "Il faut réhabiliter la science économique", résume Michel Camdessus. Il conclut la conférence en citant un mot de Keynes à ses petits-enfants : "Je souhaite que les économistes soient des gens comme mon dentiste, aussi humbles et professionnels."