Christine Lagarde, ministre de l’Economie, a donné le coup d’envoi de la conférence sur la gouvernance internationale devant la grande salle, bien remplie, de la Bourse du Travail de Lyon. Et les premiers mots de cette conférence ont bien sûr été consacrés au G20, dont le sommet est tout proche.

Accroître la légitimité du G20

Ce processus de coopération internationale, apparu pour la première fois après la crise asiatique de 1997, a rempli un rôle majeur dans la résolution de la crise financière que nous connaissons depuis deux ans. Il regroupe vingt pays représentant à eux seuls 85 % du PIB mondial et 2/3 de la population. Au cours d’une intervention éclair, avant d’aller prendre son avion pour Séoul, Christine Lagarde a insisté sur le rôle crucial que va jouer la France dans la gouvernance internationale ces douze prochains mois, dont l’objectif est de pérenniser l’institution en renforçant sa légitimité. «  C'est la première fois qu’un pays préside à la fois le G8 et le G20. Ce sera un test pour la France. » La ministre a fait le bilan de la gestion de la crise grâce au G20 : stabilisation du système bancaire, réamorçage de la croissance, et a souligné qu'il a également permis « d’éloigner le spectre hideux du protectionnisme ».

Pas de "business as usual"

Les intervenants sont tous à peu près d’accord sur les succès du G20, mais certains tiennent à souligner ses limites. Les propos d’Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE, ont été très appréciés par la salle, qui a ri à plusieurs reprises. Il a insisté sur le fait qu’il faut agir maintenant pour éviter un avenir morose. Plus qu’une instance qui gère l’urgence, le G20 doit élargir ses centres de préoccupation en intégrant les questions de santé, d’éducation, d’innovation ou de croissance verte. « Il ne faut pas accepter le "business as usual". » Michel Camdessus, ancien directeur du FMI, après avoir exposé les instruments à mettre en place pour une gouvernance financière du XXIe siècle, s’est aventuré à faire des propositions concrètes afin d'améliorer la légitimité, tant critiquée, de l’institution. Le G20 ne concerne qu’entre dix-neuf et vingt-six pays, et il est essentiel que soient pris en compte les cent-soixante autres. Ces pays pourraient se regrouper de manière à être tous représentés et à siéger à tour de rôle, comme c’est déjà le cas dans d’autres institutions internationales. Intégrer le G20 dans le droit positif est également crucial. Pour le moment, il n’est reconnu par aucun traité, son pouvoir ne repose donc sur rien.

Adopter les 3C

Si le public a retenu une leçon, c'est celle de la règle des trois C : coordination, coopération, cohérence, répétée à plusieurs reprises par les intervenants. Une formule nécessaire à la mise en place durable d’une gouvernance internationale. Mais les politiques devront encore réfléchir à la façon de résoudre l'équation jusque-là impossible, révélée par l’application de la coopération internationale: disposer d'une institution qui soit à la fois légitime, efficace et internationale. Elle n’a pas encore été créée.