Dans le but de mettre le système bancaire et financier au service de l’économie, F. Hollande propose l’instauration d’un ensemble de nouvelles règles : la séparation, au sein des banques, des activités relevant du service bancaire universel et de l’investissement, d’un côté, et des activités à caractère principalement spéculatif, d’un autre côté ; l’interdiction des produits financiers les plus risqués ou des activités dans les paradis fiscaux… Il envisage également une surtaxe sur les bénéfices des banques et la création d’une taxe sur l’ensemble des transactions financières, au niveau européen, à un taux de 0,05%. Dans un souci de justice sociale et de moralisation de la société, il propose de limiter les écarts de rémunérations dans les entreprises publiques selon un rapport de 1 à 20. Le système des stocks options serait réservé aux entreprises naissantes. Il réaffirme également le principe d’une taxation à 75% des rémunérations, au-delà d’un seuil d’un million d’euros. Grâce aux régulations projetées, la limitation escomptée des dérives les plus criantes de la finance répond, selon-lui, à un besoin d’équité tout en constituant le moyen d’une réorientation des financements vers la sphère réelle de l’économie et vers l’investissement productif. Mais cela, sans mettre en cause les principes de l’économie de marché en matière d’intermédiation financière.

André Cartapanis - Professeur à l’IEP d’Aix-en-Provence