Afin de remettre la finance au service de l’économie, E. Joly soutient le principe d’une séparation stricte des activités de dépôts et des activités de marchés des banques, l’interdiction des opérations spéculatives pour compte propre, et elle envisage d’en finir avec le secret bancaire, tout en visant l’instauration d’une vraie taxe sur les transactions financières, dans un cadre européen. Pour mieux encadrer les rémunérations des cadres dirigeants de la finance et des traders, elle propose d’interdire le versement de dividendes et de bonus au sein des banques bénéficiant de l’aide actuelle de la BCE. Mais cette disposition pourrait bien concerner la quasi-totalité des banques françaises recourant aux refinancements monétaires auprès de la BCE ! Plus généralement, pour limiter les excès de la finance, elle semble préférer les mesures d’interdiction, s’appuyant sur la loi, plutôt que les incitations induites par la fiscalité.

André Cartapanis - Professeur à l’IEP d’Aix-en-Provence