Le président sortant semble satisfait des avancées enregistrées selon-lui dans la zone euro, notamment sur la voie d’un plus grand fédéralisme budgétaire, grâce à la création du FESF et du MES. Au-delà du fait qu’en 2012 la zone euro est la seule grande région de l’économie mondiale à être entrée en récession, l’Allemagne et la France ayant une croissance très faible, de 0,2% à 0,3% selon l’OFCE, les fonds d’intervention d’urgence comme le FESF ou le MES ne contribuent nullement au fédéralisme budgétaire tel que l’entendent les économistes, notamment les théoriciens des zones monétaires optimales. Il s’agirait alors, non pas de prévoir des financements d’urgence en cas de nouvelle crise de la dette souveraine, mais de transférer de façon pérenne des dépenses et des recettes à l’Union, dans la ligne des fonds structurels par exemple, afin d’isoler ce budget européen des aléas de la conjoncture ou des retards de développement de chaque pays-membre. Et dans le même temps, N. Sarkozy vient d’annoncer le gel des dotations de la France au budget européen, ce qui est totalement contradictoire avec le renforcement du fédéralisme budgétaire.

André Cartapanis - Professeur à l’IEP d’Aix-en-Provence