Place la politique de croissance dans un contexte macroéconomique marqué par la nécessité de redresser les finances publiques et dans une perspective de moyen terme privilégiant à juste titre l’innovation, plus que la demande. Un rôle essentiel doit être confié à la politique industrielle, dont on ne sait pas très bien s’il faut y voir l’ensemble des politiques structurelles (R&D, formation, nouvelle technologies ) ou une véritable politique de ré-industrialisation, plus difficile à mener et à définir de manière convaincante. Des aides publiques à l’investissement et à la recherche sont donc proposées mais la question est évidemment de savoir comment elles pourront être financées dans le contexte budgétaire actuel.

Propose aussi un ensemble de mesures de soutien à la croissance verte, reconnue visiblement comme une exigence écologique. Une taxe carbone clairement affichée et prévisible serait un bon moyen d’inciter l’ensemble des agents économiques à réduire leurs émissions. Curieusement, cette taxe carbone n’est évoquée que pour les pays étrangers ! La taxe proposée aux frontières de l’Europe a un sens, même si elle est difficile pratiquement et politiquement à mettre en œuvre. Mais elle ne peut être envisagée que si l’Europe – et en particulier la France – l’ont déjà mise en place chez eux.

Antoine d'Autume - Professeur à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne