La candidate frontiste annonce une réduction des charges sociales salariales d’un montant de 200 euros nets par travailleur gagnant moins que 1,4 SMIC (pour un coût total brut qu’elle estime à 20 milliards d’euros). Cette réduction serait financée par le nouvel impôt promis par la candidate frontiste: sa fameuse Contribution Sociale sur les Importations (CSI). Pour mettre en place un tel impôt, qui s’assimile à un droit de douane et qui est contraire au règles de l’OMC, la France devrait donc sortir d’un certain nombre d’organisations internationales, et subir sans doute des mesures de rétorsion de la part de ses partenaires. Même en négligeant celles-ci, une telle CSI aurait sans doute un impact négatif important sur le pouvoir d’achat (hausse des prix), et sur l’emploi (en pénalisant les entreprises de notre pays qui produisent en France au moyen de biens intermédiaires et de matières premières d’origine étrangère). Par ailleurs, la candidate Frontiste n’a jamais été très explicite sur le rendement fiscal qu’elle espère retirer d’un tel impôt. Ce qu’elle propose en matière de fiscalité des entreprises, à savoir introduire trois taux d’impôts différents en fonction de la taille des entreprises (au lieu des 2 qui existent actuellement) est également une aberration. De manière générale, il n’est pas efficace de taxer l’entreprise comme organisation. Ce sont les individus qui retirent les revenus de l’entreprise qu’il faut imposer. Ce n’est que parce que certains revenus individuels sont imparfaitement observables que beaucoup de pays, dont la France, choisissent d’imposer les entreprises sur la base de leurs profits comptables (qui doivent être distingués, comme le savent les économistes, de leurs profits économiques). Mais il faut alors prendre garde de ne pas avoir un barème fiscal trop complexe, et d’éviter les effets de seuils (par exemple un chef d’entreprise choisit de ralentir le développement de celle-ci pour éviter d’être soumis à un taux plus élevé). Les propositions de la candidate frontiste, si elles étaient mises en œuvre, feraient beaucoup de mal à nos entreprises.

Nicolas Gravel – Aix-Marseille School of Economics