Les réponses sont tout aussi directe et simpliste que dans le cas de Ph. Poutou : haro sur les profits et tout sera résolu. S’il est indéniable que la domination et la liberté totale laissée au capitalisme financier explique bien des difficultés présentes, il serait sans doute plus convaincants de dire d’une part comment réguler et taxer les profits, et d’autre part quel serait le modèle alternatif mis en place.
Interdiction des licenciements, création d’emplois publics et relèvement des minimas sociaux, les solutions sont là encore proches de celles de ph Poutou. sans une fois encore que les bases du modèles alternatifs ne soient clairement établies, ni les moyens d’obtenir de tels résultats ne soient exposés.
Nathalie Arthaud réagit à une question sur l’efficacité de la dépense sociale (qui n’a pas été posée à certains autres candidats). Elle conteste la pertinence d’une telle question et insiste à juste raison sur le fait que les dépenses sociales n’ont pas pour premier objectif d’être efficaces d’un point de vue économique, mais de répondre à un besoin social. Il reste que l’absence de solution économique crédible ne permet pas de savoir comment les dépenses sociales élevées vont rester soutenables dans l’avenir.

Bruno Palier - Directeur de recherche CNRS, Sciences-Po