Réponses de Marine Le Pen
Par AFSE 2012 le lundi 16 avril 2012, 07:46 - Marine Le Pen - Lien permanent
Réponses en date du 28 mars.
1 - Finances publiquesDéficit zéro à la fin du quinquennat. Réduit à 3% du PIB au bout de 2 ans. Emission monétaire annuelle de 100 milliards d'euros, (ou de francs 2012), dont 45 milliards dédiés au remboursement de la dette, 45 milliards au remboursement des intérêts, et 10 milliards pour des investissements ciblés.
Cf. 1.1. Mesures complémentaires: 10 milliards annuels de diminution supplémentaire de dépenses grâce à une lutte résolue contre l'immigration, immigration qui coûte actuellement, suivant diverses sources, entre 35 et 70 milliards par an. Lutte contre la fraude sociale et fiscale, rapportant au minimum 5 milliards d'euros.
1.3 - Etes-vous favorable à une règle contraignante (constitutionnelle, européenne ou autre) portant sur l’équilibre des finances publiques, et si oui, laquelle ?L'équilibre des finances publiques est un objectif, mais qui ne doit pas être constitutionnalisé. Une fiscalité raisonnable, ainsi qu'une souveraineté monétaire retrouvée, doivent permettre de travailler à déficit budgétaire nul.
Une réforme globale du système financier et monétaire doit être entreprise, dont les premières mesures doivent concerner l'abrogation des articles Maastricht104 et Lisbonne123, en droite ligne de la loi Pompidou-Giscard de 1973. La banque de France doit retrouver son autonomie par rapport à la BCE, et pouvoir "battre monnaie" au bénéfice direct de l'Etat. Il faut extraire notre pays des griffes des banques et des marchés financiers. Une transformation du rôle des banques de second rang doit aussi être envisagée, transformation qui peut être associée à une nationalisation partielle et temporaire de ces dites banques.
2.2 - Etes-vous favorable à la séparation entre banques d’affaires et banques d’investissement ?Oui pour une séparation des banques et des organismes financiers non bancaires en 3 catégories, conformément aux recommandations de Maurice Allais et de son école de pensée. L'objectif étant de séparer la gestion d'une monnaie déjà existante de la transformation de différentes formes d'épargne, et de contrôler, sinon d'empêcher totalement, toute tentation purement spéculative. L'autorité des marchés financiers, ou une agence ad hoc, aura aussi pour mission d'empêcher que certaines opérations de bourse soient purement spéculatives et de court ou très court termes.
2.3 - Pensez-vous que la puissance publique puisse et doive encadrer le système de rémunération des cadres dirigeants et des opérateurs des banques et organismes financiers ?Oui, cet encadrement est nécessaire. Il peut être relatif (écart maximum de 30 ou 40 entre la plus faible et la plus haute rémunération) plutôt qu'absolu, et doit donner lieu à la plus grande transparence possible.
Non
3.2 - Faut-il créer des règles permettant d’organiser le défaut, ou la sortie de la zone euro, d’un Etat-membre ? Si oui lesquelles ?La construction de l'Euro a été mal pensée, mal organisée, mal accompagnée. Cette monnaie n’a tenu aucune de ses promesses. Il semble bien tard de se poser ce type de questions. Une réflexion sur une zone monétaire « efficace », sinon optimale, devrait être organisée, sachant que nous pensons qu'une monnaie commune est bien mieux adaptée à une Europe des Nations qu'une monnaie unique, qui a lourdement plombé notre économie depuis dix ans.
3.3 - Comment pensez-vous que doivent se régler les problèmes de différentiel de compétitivité ?Transformation concertée, si possible, de la monnaie unique en une monnaie commune, monnaie de compte internationale foncée sur des monnaies nationales correspondant à la réelle compétitivité des nations acceptant de collaborer à la déconstruction de la monnaie unique. Cessons de fétichiser la monnaie : elle n’est qu’un outil, au service des peuples. Il faut être pragmatique.
Oui. Un protectionnisme intelligent et raisonné vaut mieux qu'un libre échange imbécile.
4.2 - Faut-il s’engager vers une croissance « verte » et si oui, comment ?
Là encore, une croissance "imbécile" n'est pas, n'est plus possible. Il faut tenir compte de l'épuisement des ressources fossiles, de la dégradation d'autres ressources naturelles. La croissance, si elle est évidemment nécessaire, doit donc être orientée bien différemment du passé, en fonction de filières qu'un Etat véritablement stratège doit s’efforcer de promouvoir.
Citons une politique de transports plus économe, des mesures d'économie d'énergie plus efficaces, une aide accrue à la recherche dans les domaines du transport, de l'énergie et de l'aménagement du territoire et du BTP.
Voir point 4.2 Une aide de l'Etat, directe ou par des incitations fiscales, sera engagée pour développer ces filières, avec des organismes de contrôle gérant ces projets comme de véritables projets industriels, avec comité de pilotage et rapport d'étapes.
Non, il est hors de question d'accentuer la détresse des millions de pauvres et du 1/3 de la population française qui n'a déjà plus les moyens de se soigner correctement. Le recours à la priorité nationale permettra de recentrer la protection sociale sur nos seuls compatriotes. Il faudra aussi lutter contre la fraude fiscale et sociale : nous créerons un secrétariat d’Etat dédié à cette tâche.
5.2. - Le dispositif en place de lutte contre la pauvreté (RSA, PPE,…) vous semble-t-il satisfaisant ? Pensez-vous qu’il faille le renforcer ? L’alléger ?Des mesures comme le RSA et la PPE n'ont pas montré une véritable efficacité. Les mesures de soutien aux plus démunis et aux exclus devront dont être profondément repensées (cf. programme de Marine Le Pen et son chiffrage du 12/01/2012)
5.3 - Quelles sont selon vous les mesures prioritaires pour améliorer l’efficacité des dépenses sociales (santé, logement, famille, retraites) ?Il faut séparer la bonne dépense publique, aujourd’hui attaquée, de la mauvaise, pas remise en cause. Cette mauvaise dépense représente d’immenses gaspillages : coût d’une décentralisation non maîtrisée, coût des niches fiscales injustes (Copé), lutte contre la fraude sociale, généralisation d'une carte vitale biométrique et infalsifiable,
Développement de l'apprentissage, relance de la production industrielle, formation plus en synergie avec les besoins des entreprises et/ou des filières industrielles à reconstruire.
6.2. - Défendrez-vous des mesures promouvant la flexibilité du marché du travail ?Il y a flexibilité et ... flexibilité. Des efforts peuvent être demandés aux salariés, mais ces efforts doivent être justement répartis entre les diverses parties-prenantes et partenaires de l'entreprise. Le rôle et l'information des comités d'entreprise, ainsi que la transparence des mesures projetées, doivent être renforcés. Aucune mesure unilatérale ne doit être prise arbitrairement. L'environnement économique et social doivent être des garde-fous impératifs.
6.3 - Quelles sont vos priorités en matière d’éducation, de qualification et de formation professionnelle durant votre mandat ?Voir projet en ligne sur marinelepen2012
Une mesure importante (200 euros pour chaque travailleur jusque 1,4 fois le SMIC, par le biais d'une prise en charge partielle de la cotisation sociale salariale) a été annoncée, mesure concernant 8 millions de personnes, d'un coût brut de 20 milliards d'euros, d'un coût net de 11,2 milliards, coût net financé entièrement par une CSI (Contribution Sociale par les Importations)
7.2 - Quelle réforme fiscale vous paraît-il important d’entreprendre en matière de revenu et de patrimoine ? La fusion CSG-impôt sur le revenu vous paraît-elle une priorité ?Deux mesures fiscales ont été annoncées. La première concerne les entreprises (3 barèmes sur l'IS, 15%, 25% et 34%) en fonction de la taille des entreprises et de celle de leurs bénéfices). La deuxième concerne l’IRPP, une nouvelle tranche de 46% pour les revenus des plus aisés et une place plus grande progressivité pour rétablir la justice fiscale et soulager les classes moyennes.
7.3 - Etes-vous en faveur d’une taxe carbone, au niveau national ou européen ? Selon quelles modalités ?La lutte contre la pollution industrielle, y compris la pollution carbone, est une priorité, et même une nécessité, écologique. Plusieurs mesures peuvent être envisagées à cet effet, mais pas une taxe qui alourdirait le prix à la pompe, déjà insupportable. Il faut commencer par relocaliser l’activité en France, pour éviter les pollutions liées aux transports.
Organisation du rétablissement de la souveraineté monétaire, relance par l’Etat stratège des filières industrielles prioritaires, aide au logement (pour les primo-accédants), mesures de lutte contre les fraudes de toute sorte, contrôle renforcé du système bancaire et financier, seront des mesures prises dès les premiers mois de ma présidence.