Réponses de Jacques Cheminade
Par AFSE 2012 le mercredi 28 mars 2012, 11:01 - Jacques Cheminade - Lien permanent
Réponses en date du 21 mars.
1 - Finances publiquesJe pense, comme le disait Jean Zay dans Souvenirs et Solitudes, que la «mystique de l’équilibre budgétaire», soutenue par les banquiers d’affaires, leurs organes de presse et l’Inspection des finances, bloque toute initiative nécessaire au développement économique et à la justice sociale. Qui plus est, elle est aujourd’hui la feuille de vigne d’un système dans lequel on renfloue les banques qui ont joué et perdu, comme le fait la BCE, et on impose le saccage social et l’austérité aux peuples.
Ce raisonnement pèche par définition. Il s’agit d’abord de séparer les fonctions bancaires de dépôt et de crédit de celles d’investissement sur les marchés. En séparant les banques, et non simplement leurs activités. Puis de revenir à un système de banque nationale et de crédit public productif. Réduire les dépenses des administrations publiques aujourd’hui reviendrait à accroître l’injustice sociale, comme en Grèce. Quant aux impôts, l’impôt Piketty me paraît devoir être mis en place de toute urgence, de même qu’un impôt sur les successions frappant de 50 à 70 % des montants légués supérieurs à 180 000 euros par héritier. Des mesures fiscales en faveur des TPE et PME réalisant moins de 20 millions de chiffre d’affaires sont également nécessaires, de même qu’une modification en leur faveur du bénéfice du crédit d’impôt recherche.
1.3 Etes-vous favorable à une règle contraignante (constitutionnelle, européenne ou autre) portant sur l’équilibre des finances publiques, et si oui, laquelle ?Je suis totalement opposé à une contrainte dont le principe n’a absolument rien à voir avec ceux d’un ordre constitutionnel.
- Glass-Steagall
- Banque nationale et crédit public productif
- Banque publique d’investissement
Oui, totalement. Le même système que nous avons eu à la Libération et que Roosevelt fit mettre en place aux Etats-Unis en 1933.
2.3 - Pensez-vous que la puissance publique puisse et doive encadrer le système de rémunération des cadres dirigeants et des opérateurs des banques et organismes financiers ?Non, elle ne le peut pas. En revanche, elle peut créer un système d’imposition qui écrête les revenus les plus élevés, comme c’était le cas pendant les Trente Glorieuses ou aux Etats-Unis avant la contre-révolution néo-conservatrice.
Oui, à mettre en place aussi rapidement que possible.